Crépuscule enfantin

par Anacoreta
Il y a des champs rouges
dans les yeux des enfants
à terre.

Ils pleurent les mains
du soleil vide.

Leur bouche est herbe
morte sous les pieds
d'une mère.

Alors on plante des arbres
pour cacher les larmes.

Sous la terre rugueuse.

On les berce d'un sommeil de plomb.

Ils sont seuls alors
sur les feuilles de mousse
où la sève est malade
de n'avoir plus de dent
pour coudre les blessures.

Les toucher d'un sommeil
qui se ferait rayon.

Leurs corps frêles se disputent
les dernières caresses
sous un manteau obscur.