Jour 2, Arrivée à Pékin
Beijing International Airport Terminal 3
Welcome, happy to meet you in la 10ème merveille du monde, après la Cité interdite, Buckingham Palace, et l’opéra de Sydney. Malgré le marbre, le transibérien interne et la façade en forme de dragon, le plus impressionnant demeure le parking qui abrite tous les modèles de voitures conçus au monde, et produites en Chine.
J’arrive aux douanes le bras endolori par le rappel de vaccin Typhoïde/Hépatite A. Dans mon deltoïde, virus et salmonelles sont massacrés par des armées d’anticorps comme les armées de Qin le firent de celles de Zhou à Shangbing. L’observation de mon passeport révèle que je suis un dissident (en anglais, on dit plus volontiers terrorist). Mon visa autorise une durée de séjour anormalement longue et je suis immédiatement déféré à un supérieur qui passe les pages de ma pièce d’identité à la lampe UV. Finalement, rien. Dommage, ce contretemps m’a empêché de pouvoir noter électroniquement la qualité du service grâce à une graduation de smileys allant de renfrogné à guilleret.
Passage par le quatrième périphérique, embouteillé, pour rejoindre le Comité d’organisation des Jeux olympiques, le chauffeur me montre le nouveau stade en forme de « nid d’oiseau ». Les architectes furent sûrement inspirés par les supporters qui s’époumonent à chaque match, oisillons affamés de ballon rond.
Visite du parc zoologique
La veille nous avions vécu en enfer pendant les 97 minutes passées en bus sous la pluie dans les embouteillages. Un endroit exigu, bondé et embué sur le chemin du retour de l’ambassade où mes velléités de carrière diplomatique avaient disparu sous la triste originalité policée des représentants français.
En revanche, au zoo, il règne une ambiance joyeuse et détendue, les visiteurs lâchent des blagues à tout bout de champ. Xun me dit : « Bonne ambiance parce qu’au zoo les hommes se sentent supérieurs. » Seul problème, mon air et ma mise me font passer pour un animal de foire et je vole la vedette à ceux en cage. Parmi les incontournables, nous avons :
Le lion, 狮 « le maître parmi les animaux » préfère observer le fond de sa cellule plutôt que les visiteurs venus l’admirer dans sa pestilence de fauve.
Une sorte de porc-épic (sans pique) fait des tours dans sa cage. Préparation aux course d’endurance des JO ou folie résultant de l’enfermement ? Difficile de savoir puisqu’en Chine les athlètes s’entraînent 10 heures par jour dans des centres fermés, y compris lorsqu’il sont blessés et avec interdiction de téléphoner. Il est donc difficile de faire la distinction.
Au magasin du zoo, on peut acheter les figurines des animaux vus dans le parc. Tigres, lions, renards et pandas en plastique côtoient godzillas et tricératops. Chine éternelle et immuable.
En passant par les toilettes, nous remarquons que le traducteur des pannonceaux de présentation des animaux était aussi en charge de la signalétique. En effet, l’administration vous laisse le choix entre les lieux d’aisance pour « mâles » ou « femelles ».
Retour par « la voie ferrée souterraine », où je compatis avec le sort du balayeur qui pâlit doucement à la lumière des néons. Il nettoie placidement les marches du long escalier parcouru par un flux dense et continu de voyageurs. Damné de la terre, Sisyphe des temps modernes.
Clément, en attente d’une révolution qui ne viendra pas