Un ami qui passe le seuil de ma porte en me remerciant d’avoir sauvé son commerce de l’incendie ou des voleurs par sa propre négligence. Un livre effrayant sur ma table de chevet aux trois pieds crochus. Un gramme de substance psycho active dans les veines. La maladie derrière moi. Des voitures de mafieux appelant des collègues à d’autres étages que le mien. Les sirènes qui deux-tonnent pour d’autres méfaits que les miens. Deux fauteuils Empire. Un jeu de miroir reflétant une boucle d’oreille perdue en offrande. Des dictionnaires attendant de m’apprendre un nouveau mot. Une pile de livres entamés, une bibliothèque inachevée. Le verger entourant un bonzaï. Des draps froids figés dans la torpeur plissée. Des senteurs d’Eden terrassant les dragons insomniaques. L’œil de braise de la lumière atomique. La poisseur du temps dans les réverbérations de l’air. Aucun chiffre en tête que de bonnes intuitions. Toute une goutte d’eau à la mer. Des étrangers qui me serrent la main, un petit intérieur bien douillet que personne ne viole, si ce n’est le maître de maison. Des béatitudes.